 Si la gauche veut des idées |
" Vivre ensemble, c’est aussi regarder en face les questions de l’immigration.
Les migrations de la misère, les déplacements de population ne trouveront de solution que dans le développement des pays pauvres et surtout du continent africain. Notre avenir commun est évident.
Ce serait trop long de dire ici tout ce que j’en pense, tout ce qu’il y a à faire.
J’ai gardé, avec l’Afrique où je suis née, un lien profond alors même que je n’y suis retournée que rarement. J’ai retrouvé pour la première fois ce lien de ma naissance il y a un peu plus d’un an seulement. J’ai ainsi renoué avec mon point d’origine, aussi fort que le village vosgien de mon enfance, Chamagne (ce sont deux jambes, africaine et rurale, si différentes et si semblables). J’ai puisé beaucoup de force dans l’accueil très chaleureux que m’ont réservé les habitants, ici et là. (…) Une relation privilégiée ne signifie pas une relation inchangée. La France a trop longtemps soutenu des régimes inefficaces et corrompus. Les jeunes Africains veulent la démocratie et un Etat efficace au service des populations. Eux aussi s’emparent d’Internet et de tous les moyens modernes de communication pour s’exprimer. La France doit entendre cette aspiration à la démocratie et à la transparence.
L’Afrique subsaharienne est une des zones les plus pauvres du monde. C’est d’autant plus insupportable qu’il n’y a pas de fatalité. Les remèdes sont, pour l’essentiel, entre les mains des Africains. Sans la concorde à l’intérieur du pays et la paix avec les voisins, il n’y a pas de développement possible. Sans un contexte économique et social ouvert aux investissements, nationaux et étrangers, et sans un Etat capable de piloter les transitions, d’en maîtriser le rythme, de bâtir les infrastructures et les services publics nécessaires, il n’y a pas de vrai développement possible. Il faut tenir parole sur le montant de l’aide, mais aussi mieux organiser, bannir les corruptions et les bureaucraties dévoreuses de l’aide (autant jeter les billets par le hublot d’un avion, il en arrivera plus sur le terrain concerné !).
Beaucoup des projets que j’ai vus au Sénégal ou au Mali sont représentatifs de formes nouvelles que peut prendre l’appui au développement, dans une logique de partenariat. Ils sont ciblés sur des secteurs clés (éducation, santé, énergie, agriculture, environnement, culture, microcrédits) et atteignent directement les populations. C’est cela qu’il faut mettre davantage en pratique. Le développement de l’Afrique sera l’œuvre des Africains. Des coopérations décentralisées garantissent les circuits courts."
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