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Extrait : Maintenant, Ségolène Royal et Marie-Françoise Colombani, Hachette et Flammarion (mars 2007)


01/03/2007

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Extrait : Maintenant, Ségolène Royal et Marie-Françoise Colombani, Hachette et Flammarion (mars 2007)

"J?ai gardé, avec l?Afrique, un lien d?affection et d?émotion. J?ai tenu à me rendre au Sénégal avant même d?être désignée comme candidate pour retrouver mes racines et renouer avec mon point d?origine. J?ai puisé beaucoup de force dans l?accueil très chaleureux que m?ont réservé les Sénégalais et notamment les femmes.

  

Maintenant, Ségolène Royal et Marie-Françoise Colombani, Hachette et Flammarion, mars 2007, p.85-87


"J’ai gardé, avec l’Afrique, un lien d’affection et d’émotion. J’ai tenu à me rendre au Sénégal avant même d’être désignée comme candidate pour retrouver mes racines et renouer avec mon point d’origine. J’ai puisé beaucoup de force dans l’accueil très chaleureux que m’ont réservé les Sénégalais et notamment les femmes.

C’est parce que j’aime l’Afrique que je ne me résigne pas aux conflits, aux massacres (je pense au Darfour où l’on aura, si l’on ne fait rien, le premier génocide du XXIe siècle), au sous-développement et aux régimes dictatoriaux. Parce que j’aime l’Afrique, je veux rompre avec la vieille politique néocoloniale de la France, qu’on a appelée la « Françafrique », nourrie d’affairisme et de ce mépris paternaliste qui voudrait que la démocratie ne puisse jamais être le choix des peuples du continent africain. Le chanteur ivoirien Tiken Jah Facoly a fait là-dessus une très belle chanson et j’ai eu l’occasion de lui dire combien je la trouvais juste.

Je ne pense pas pour autant que la France doive banaliser sa relation avec l’Afrique. Des Africains vivent en France, des Français vivent dans des pays africains. Nous nous sommes enrichis mutuellement sur le plan culturel. Nos peintres et nos sculpteurs du XXe siècle ont une dette envers l’art africain. Nos musiques actuelles doivent beaucoup aux rythmes d’Afrique et à l’art des griots. Les hybridations sont multiples.

Pourtant, une relation privilégiée ne signifie pas une relation inchangée. La France a trop longtemps soutenu des régimes inefficaces et corrompus. Les jeunes Africains veulent la démocratie et un Etat au service des populations. Eux aussi s’emparent d’Internet et de tous les moyens modernes de communication pour s’exprimer. La France doit entendre cette aspiration à la démocratie et à la transparence.

L’Afrique subsaharienne est une des zones les plus pauvres du monde. C’est d’autant plus insupportable qu’il n’y a pas de fatalité. Les remèdes sont, pour l’essentiel, entre les mains des Africains. Sans la concorde à l’intérieur du pays et la paix avec les voisins, il n’y a pas de développement possible. Sans un contexte économique et social ouvert aux investissements, nationaux et étrangers, et sans un Etat capable de piloter les transitions, d’en maîtriser le rythme, de bâtir les infrastructures et les services publics nécessaires, il n’y a pas de vrai développement possible. Dire cela ne signifie pas qu’il faut réduire l’aide publique au développement. Il faut simplement mieux l’organiser.

Beaucoup des projets que j’ai vus au Sénégal sont représentatifs de formes nouvelles que peut prendre l’appui au développement, dans une logique de partenariat. Ils sont ciblés sur des secteurs clés (éducation, santé, énergie, agriculture, environnement, microcrédits) et atteignent directement les populations. C’est cela qu’il faut mettre davantage en pratique. Le développement de l’Afrique sera l’œuvre des Africains. Je veux qu’ils sachent que la France sera à leurs côtés. "





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